Historique

La FRH a été fondée le 20 juin 1979 suite aux constats suivants :

  • De nombreuses questions relatives au contenu de l’enseignement, à l’efficacité des méthodes, au cadre propice à l’épanouissement des personnes handicapées restent sans réponses, avec risque dès lors de voir les praticiens s’enfermer dans un pragmatisme contre productif.
  • Diverses demandes, émanant de commissions ou associations de parents, n’ont pu être satisfaites : doter le Service de l’Enseignement spécialisé de collaborateurs chargés de l’examen des méthodes et des programmes d’enseignement, organiser des recherches pour coordonner et établir des programmes d’action, etc.
  • La pauvreté de la recherche en faveur des personnes handicapées, et l’absence d’organisme disposé à la soutenir (le Fonds National de la recherche scientifique n’étant pas adapté au genre de recherches dont ont besoin les milieux s’occupant des personnes handicapées).

La FRH a été le fruit de travaux préparatoires : dès janvier 1978, le chef du Service de l’Enseignement spécialisé, Christian Ogay, a réuni régulièrement quelques collaborateurs pour étudier les réponses à donner aux préoccupations des commissions consultatives ; il a associé progressivement une vingtaine de personnes, agissant à titre privé et représentant les associations de parents de personnes handicapées, les milieux universitaires et les responsables de la prise en charge des personnes handicapées.

Ainsi naissait le projet d’une fondation aux caractéristiques suivantes :

  • Elle serait organisée en fonction des problèmes de toutes les personnes ayant un handicap (mental, physique, sensoriel, etc.), mineurs et adultes ;
  • Elle mènerait des recherches multidisciplinaires faisant appel à des spécialistes de domaines divers ;
  • Elle donnerait priorité à des projets difficiles à intégrer dans des domaines déjà bien structurés comme la recherche médicale ou psychologique ;
  • Elle serait de nature à remplir des mandats provenant de milieux divers (Etat, associations, établissements, etc.) ;
  • Elle devrait être privée, organisée en dehors de l’administration pour que ses travaux conservent une certaine autonomie et en dehors de l’Université, dont aucune faculté n’est directement intéressée par ses recherches ;
  • Elle regrouperait toutes les forces disponibles dans les services cantonaux et les milieux universitaires dont les compétences sont quelquefois sous-exploitées ;
  • Elle favoriserait la constitution d’une « masse pensante » en coordonnant ses activités avec ce qui pourrait se faire dans d’autres cantons ou à l’étranger ;
  • Elle serait cependant limitée, du moins dans un premier temps, au canton de Vaud, pour que son lancement soit facilité.

Les membres fondateurs, ceux à avoir signé l’acte constitutif de fondation, ont été au nombre de 13 personnalités privées et 5 associations de parents :

  • Les personnalités privées : Messieurs Christian Ogay, chef du Service de l’Enseignement spécialisé; Georges Michaud, ancien directeur du Collège de Béthusy; Rémy Droz, professeur à l’Université; René Sunier, ancien directeur des Grands Magasins Innovation; Pierre Aubert, conseiller d’Etat; Rolf Bunzli, directeur du Séminaire cantonal de l’enseignement spécialisé; Jean-Louis Chancerel, psychologue; François Gaillard, professeur à l’Université; Charles Iffland, président de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales; Claude Lavanchy, inspecteur de l’Enseignement spécialisé; Laurent Pauli, professeur honoraire aux Universités de Lausanne et Genève. Mesdames Françoise Favez, préposée à la coordination en faveur des handicapés; Anne-Marie Matter, inspectrice de l’Enseignement spécialisé.
  • Les associations : l’Association vaudoise de parents de handicapés mentaux (AVPHM); la Ligue vaudoise en faveur des infirmes moteurs cérébraux (LVIMC); l’Association romande des parents d’aveugles et d’amblyopes (ARPAA); l’Association vaudoise de parents d’enfants déficients auditifs (APEDA); l’Association vaudoise en faveur des personnes atteintes de spina bifida et d’hydrocéphalie (MMCH).

En ses débuts, cette fondation privée a été administrée par 9 membres (Bureau), auxquels se sont adjoint 10 autres membres.

La Fondation tenait à se donner une vocation originale : orienter ses recherches vers une action dans la société, les voir aboutir à des innovations pratiques et au changement progressif des mentalités. L’accent était mis sur le passage des résultats des recherches dans la réalité de la vie quotidienne des personnes handicapées, de leurs familles et des professionnels qui s’en occupaient. A ce titre, la collaboration directe avec les professionnels du terrain était requise, la Fondation s’employant à les motiver, à les associer aux recherches. Elle était censée, par ailleurs, participer à l’organisation de cours, de rencontres ou d’échanges à l’intention de praticiens, et appuyer les associations de parents dans leur rôle d’information au grand public.

Elle a bénéficié, en ses débuts, d’un capital initial de treize mille francs, affecté par les fondateurs à la réalisation des buts poursuivis.